Le Professeur ivoirien Paul Zahiri nous a habitués avec ses réflexions profondes sur le développement intégral de l’Afrique. Il s’interroge dans les lignes qui suivent sur l’évolution de l’ambition politique en Afrique, passant de la vocation authentique à une classe d’affairistes opportunistes. Il souligne alors la perte progressive des valeurs telles que la dignité et la probité intellectuelle, remplacées par un attrait croissant pour l’enrichissement rapide et les avantages matériels. Ce constat est incontestable dans nos pays d’Afrique. Très peu d’élites et de gouvernants n’accordent une place de choix dans l’émergence collective. Paul Zahiri pointe du doigt la paupérisation croissante de larges secteurs de la population, favorisant l’émergence de politiciens plus préoccupés par les privilèges que par les aspirations véritables de leur peuple. Comme voie de sortie, il préconise un retour aux obligations larges et à une vocation politique sincère qui réaffirme la nécessité d’un leadership guidé par des convictions authentiques et un engagement envers le bien-être collectif. Bonne lecture !
Est-il possible encore de repenser et de rejouer le politique, de manière générale, à notre époque, et sous nos tropiques en particulier ou bien le sens même du politique est irrémédiablement perdu ? La pensée comme volonté de l’essence, et de la vérité, cette façon d’aller au fond des choses, est devenue de beaucoup plus faible, et échoue constamment devant la nécessité et ses besoins primaires.
Des vertus comme la dignité, la fidélité de soi à soi-même, ou la probité intellectuelle, sont désertées à perte de vue, et à une vitesse vertigineuse. Il est vrai que la peur de quelque souffrance, et du manque d’argent, qui peuvent être le lot même de toute existence, font peur. Les appels à l’enrichissement rapide, pour le bonheur de la consommation, n’en sont que d’autant plus pressants. La paupérisation, toujours croissante, d’une importante frange de la population, poursuit une courbe toujours exponentielle et très effrayante.
Quoi de plus favorable alors à l’attrait des vocations d’affairistes qui se font ressentir dans les milieux, et les nouvelles classes, politiques. Où l’enrichissement se fait souvent très rapidement. Surtout dans des secteurs où les avantages matériels, les privilèges, les immunités, les prébendes, et autres concussions prospèrent. Plus besoin de toutes ces convictions et de leur base idéologique, avec tout ce que cela comporte d’exigence d’instruction, de culture, de créativité, et de dynamisme qui ont apporté à des nations une certaine prospérité.
Dès lors tout le monde peut être à vendre, et à acheter, et autant en emportent les circonstances. Alors que l’ambition politique, n’est d’autant plus légitime que quand elle procède d’une vocation profonde, et qu’elle est accompagnées d’obligations larges. Qui suscitent le triage des meilleurs guides, pour le guidage du peuple, et l’allégeance authentique de ceux qui peuvent être d’un nouveau courage.
Paul Zahiri

