Coup de théâtre au Sénat de la République démocratique du Congo. L’Honorable Modeste Bahati Lukwebo a officiellement quitté ses fonctions de deuxième vice-président de la Chambre haute, dans un contexte de fortes tensions politiques.
Une démission sous pression politique
Dans une correspondance adressée au président du Sénat, Bahati Lukwebo annonce son retrait « pour préserver la sérénité » au sein de l’institution. Cette décision intervient alors qu’une pétition initiée par certains sénateurs réclamait sa destitution.
Selon des sources parlementaires, cette initiative portée notamment par le sénateur Dany Kabongo aurait recueilli 83 signatures, traduisant une contestation significative au sein de la majorité.
« Pas un aveu d’incompétence »
Face aux accusations, l’ancien deuxième vice-président se défend fermement. Dans sa lettre, il insiste :
« Ma démission n’est pas un aveu d’incompétence. Je me suis toujours acquitté de mes responsabilités correctement et en temps réel. »
Un message clair adressé à ses détracteurs, qui dénonçaient notamment une gestion jugée inefficace de ses fonctions.
Cette crise s’inscrit dans un climat politique déjà fragile au sein de l’Union Sacrée de la Nation, plateforme soutenant le président Félix Tshisekedi.
Au cœur des divergences :
- la question sensible d’une éventuelle révision constitutionnelle
- des accusations de manque d’alignement politique
- et des tensions internes grandissantes au Sénat
Bien que Bahati Lukwebo ait présenté des excuses après ses déclarations controversées, celles-ci n’auront pas suffi à calmer les tensions.
Une procédure évitée de justesse
Initialement, la pétition devait être examinée en plénière ce mercredi 18 mars, avec la mise en place d’une commission spéciale. En choisissant de démissionner avant ce débat, Bahati Lukwebo évite ainsi une confrontation directe avec ses collègues.
Cette démission ouvre désormais la voie à une recomposition du bureau du Sénat. Elle pourrait également redistribuer les cartes au sein de la majorité parlementaire, où plus de 90 % des membres appartiennent à l’Union Sacrée.
AKAMUS

