L’ancien président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, a officiellement déposé ce vendredi sa candidature au poste de président du Bureau de la Chambre basse du Parlement. La cérémonie s’est déroulée au siège de l’Union Sacrée de la Nation (USN), sur le boulevard du 30 Juin, à Kinshasa, conformément à l’appel à candidatures lancé par le Secrétaire permanent de la plateforme, André Mbata Betukumesu Mangu.
Accompagné de plusieurs députés nationaux venus lui témoigner leur soutien, Christophe Mboso s’est montré visiblement serein et confiant. Il a indiqué se sentir à l’aise, notamment parce qu’il était entouré de collègues parlementaires qu’il considère comme les véritables électeurs du futur président de l’Assemblée nationale. Il a déclaré que la compétition se déroulait dans un cadre démocratique et qu’il n’y avait, selon lui, aucune raison d’inquiétude. Il a aussi insisté sur l’importance de la tolérance en politique, estimant que la diversité des candidatures devait être perçue comme un signe de vitalité démocratique au sein de l’Union Sacrée.
Ce dépôt de candidature marque ainsi le retour officiel de Christophe Mboso sur le devant de la scène parlementaire, lui qui avait déjà dirigé l’Assemblée nationale entre 2021 et 2024 avant de céder son fauteuil à Vital Kamerhe dans le cadre d’un arrangement politique interne à la majorité présidentielle.
Supervision
Dans un communiqué publié la veille, André Mbata, Secrétaire permanent de l’Union Sacrée, avait invité tous les députés membres de la plateforme désireux de briguer la présidence de l’Assemblée nationale à déposer leurs dossiers complets – comprenant une lettre de motivation, un curriculum vitae détaillé et deux photos passeport – au plus tard ce vendredi 24 octobre.
Le communiqué précise que les dossiers reçus seront transmis à la Haute Autorité politique de l’Union Sacrée pour décision finale avant d’être acheminés au Bureau de l’Assemblée nationale. Une mention qui suscite déjà des interrogations dans les milieux politiques et parlementaires, certains observateurs estimant que cette démarche pourrait être perçue comme une forme d’ingérence du pouvoir exécutif dans la sphère législative.
Des analystes rappellent que la séparation des pouvoirs constitue un principe fondamental de la démocratie, et que toute impression de contrôle du processus par la présidence pourrait affaiblir la crédibilité du vote à venir.
Tensions internes
Avant même l’annonce officielle du dépôt des candidatures, des divergences profondes s’étaient déjà manifestées au sein de l’Union Sacrée. Plusieurs députés avaient exprimé leur opposition à l’idée d’une candidature unique, qu’ils jugent contraire à la démocratie interne.
Le député Willy Mishiki, élu de Walikale (Nord-Kivu), avait notamment dénoncé ce qu’il considère comme une tentative « d’imposer un candidat issu du gouvernement », allusion à l’ancien ministre de l’Industrie, Aimé Boji Sangara, dont la candidature reste évoquée sans confirmation officielle. Il a estimé qu’il serait inacceptable de suspendre le processus électoral sous prétexte d’attendre la démission d’un membre de l’exécutif, rappelant que les 500 députés disposent du plein droit de se présenter librement.
Selon lui, le mandat parlementaire étant non impératif, chaque élu doit pouvoir exercer son indépendance sans subir de pressions politiques. Mishiki a également souligné que l’Union Sacrée n’a pas de députés élus sous une même bannière électorale, et qu’il n’était donc pas question, selon lui, d’imposer une seule candidature.
Malgré ces tensions, d’autres membres de la majorité estiment qu’Aimé Boji, en tant qu’élu légitime, reste libre de quitter le gouvernement pour regagner son siège et briguer la présidence de la Chambre basse, au même titre que tout autre parlementaire.
Pour l’heure, la compétition s’annonce ouverte et disputée entre plusieurs figures de poids : Christophe Mboso, Jean-Baudouin Mayo (UNC), Aimé Boji, et Doudou Mangu de l’UDPS.
AKAMUS
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