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Politique

Révision constitutionnelle : Bahati affaibli, Kamerhe, silencieux stratégique ?

Sud-Kivu, leadership, Bahati et Constitution et Vital Kamerhe : ces cinq éléments sont désormais au cœur d’une nouvelle dynamique politique dans l’est de la RDC.

Après la polémique provoquée par les déclarations de Modeste Bahati Lukwebo sur la révision de la Constitution, plusieurs observateurs voient émerger une course au leadership au Sud-Kivu, région stratégique où les équilibres politiques pourraient être profondément modifiés.

La controverse autour des propos de Modeste Bahati Lukwebo sur la révision constitutionnelle a provoqué une onde de choc dans la majorité présidentielle. Pris dans la tourmente, le leader de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) a tenté de désamorcer la crise en présentant ses excuses au chef de l’État, Félix Tshisekedi. Mais dans la sphère politique de Kinshasa, la machine institutionnelle semble déjà en marche.

Au Sénat, une pétition visant son poste de deuxième vice-président circule déjà dans les coulisses. Si cette initiative aboutit, elle pourrait affaiblir considérablement la position institutionnelle de Bahati. Or, dans la politique congolaise, la perte d’un levier institutionnel se traduit souvent par un recul d’influence sur le terrain politique régional.

RDC : débat autour de la révision de la Constitution

 

C’est précisément dans ce contexte que se dessine une nouvelle bataille de leadership au Sud-Kivu. Depuis plusieurs années, Modeste Bahati Lukwebo partage l’espace politique de cette province avec un autre poids lourd de la majorité : Vital Kamerhe.

Contrairement à Bahati, Kamerhe a adopté une stratégie beaucoup plus prudente dans le débat sur la révision de la Constitution. Sans déclarations fracassantes ni prises de position ambiguës, le leader de l’Union pour la nation congolaise s’est aligné clairement sur la position du chef de l’État. Ce positionnement discret mais calculé renforce son image d’allié loyal au moment où les tensions traversent la majorité.

Dans un environnement politique où chaque déclaration peut avoir des conséquences majeures, l’épisode Bahati illustre une règle bien connue : la parole politique peut parfois devenir un piège. Les propos du leader de l’AFDC-A, perçus comme maladroits dans un débat hautement sensible, ont offert à ses adversaires internes l’opportunité de fragiliser sa position.

RDC : débat autour de la révision de la Constitution

Pour plusieurs analystes, l’enjeu dépasse largement la polémique actuelle. Il s’agit aussi d’un repositionnement stratégique en vue du contrôle du leadership politique au Sud-Kivu, une province qui joue un rôle central dans les équilibres électoraux de l’est du pays.

Si l’affaiblissement de Bahati se confirme au niveau institutionnel, Vital Kamerhe pourrait progressivement redevenir la figure dominante de l’espace politique sud-kivutien. Une évolution qui redessinerait les rapports de force au sein de la majorité présidentielle.

Dans cette séquence politique, une réalité s’impose : en République démocratique du Congo, les crises politiques ne sont jamais uniquement institutionnelles. Elles deviennent souvent le point de départ d’une recomposition silencieuse du leadership régional et national.

Rédaction Réveil Congo 

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